Un Greeter nous répond

Un greeter partage sa passion pour sa ville

En cette période estivale, nombreux sont les Français à profiter de leurs congés pour partir à la découverte de nouvelles destinations. Pour une expérience touristique authentique, rien ne vaut une visite accompagnée d’un greeter. Les greeters sont des bénévoles qui offrent aux touristes une balade ou une visite de leur quartier, leur ville ou même leur région. Pour en savoir plus, nous avons été à la rencontre de Jean-Claude Simon, président de l’association Paris Greeters, lui-même greeter depuis 2008. Paris Greeters est une association crée en 2006 qui elle rassemble 350 greeters parisiens. Elle organise près de 2500 balades par an. Chaque année, ce sont 6 000 visiteurs venant de 100 pays différents qui se laissent guider par les bénévoles de Paris Greeters.

Être Greeter

Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir Greeter?

« Comme M. Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme, je faisais ça sans le savoir. Moi qui suis parisien depuis toujours, j’ai toujours aimé faire visiter Paris à des proches. Alors je leur montrais les bistros, les petits coins sympas. Et puis être greeter a été pour moi l’occasion de parfaire mon Anglais sans stress et de manière amicale. »

Aviez-vous déjà fait appel aux services d’un Greeter avant de le devenir vous-même ?

« Non, pas avant 2008 et mon entrée dans l’association. D’autant plus qu’avant 2006, il n’y avait pas réellement d’organisation de Greeter en France. Aux Etats-Unis, ça existe depuis 1992, mais quand j’y suis allé, je ne savais pas que ça existait et je ne m’étais même pas posé la question. Maintenant, je connais bien le principe, je n’hésiterais pas à faire appel à un greeter. »

En quoi consiste votre activité de greeter ?

« Recevoir des visiteurs français ou étrangers. Personnellement, je parle français et anglais. Je leur montre mon quartier, les endroits que je fréquente. Je discute avec les visiteurs de leur mode de vie à eux et parfois cela abouti à des amitiés sur le long terme. Par exemple, avec ma femme, nous avons un couple d’amis Américains qui viennent tous les ans à Paris, et cela, grâce à notre activité de greeter. »

Organiser l’activité de Greeter

Qu’apporte les fédérations de Greeter aux Greeter ?

« Premièrement, il faut savoir que dans certaines grandes villes, il y a des associations de greeters, mais parfois les activités de greeters sont gérer par les offices de tourisme. Il est possible d’imaginer de greeters indépendants, mais ils ont besoin de se faire connaître par les potentiels visiteurs. Les associations et les fédérations permettent d’avoir un minimum de visibilité. Il faut aussi dire que les associations et les fédérations font que nous avons des chartes et des valeurs communes. »

Quelle différence y’a-t-il entre un greeter et un guide professionnel ?

« On ne veut pas faire concurrence aux guides professionnels, nous proposons des services complémentaires. Nous n’avons pas toutes les compétences et le savoir des guides professionnels. Et puis nos services sont gratuits et on a vraiment pour objectif de créer un échange. »

Avez-vous déjà inspiré des vocations de greeter ?

« Oui, j’ai déjà eu des visiteurs qui ont été très intéressés par l’activité de greeter, et qui après une visite, m’ont dit qu’ils se renseigneraient pour savoir s’ils pouvaient devenir greeter dans leur région. Après, j’ai aussi été interrogé par des gens d’autres pays sur mon activité. Par exemple, une jeune Canadienne m’a demandé des renseignements, car elle voulait devenir breveter dans le Yukon. »

Greeter et Covid

Quel impact a eu la crise Sanitaire sur votre activité de Greeter ?

« On a eu une grosse baisse. Lors du confinement, on n’a pas pu faire de balade, et puis quand on a repris, les balades étaient vraiment très limitées. Tous les cafés et les restaurants étaient fermés, c’était très embêtant, ne serait-ce que pour les toilettes. En 2020, on a observé une baisse de 75 % de notre activité. Maintenant, ça repart très lentement. »

Votre clientèle a-t-elle changé avec le covid ?

« Oui, avant les Américains représentaient environ 30 % de notre clientèle, avec la crise et les restrictions, nous les avons perdus. Aujourd’hui, on a surtout des Français et des visiteurs européens. En 2019, on avait des voyageurs issus de 80 pays différents, depuis le début de l’année, on a clairement une majorité de Français malgré un rééquilibrage. »